SORTIE PHOTO - Queyras 03-2017

 

ARC-Images a organisé une sortie à géométrie et à effectif variable. On n'arrête pas le progrès et on réfléchit déjà à une future sortie avec hologrammes.

La sortie a lieu dans le Queyras (prononcez Quéra, on n'est pas à Marseille) avec Molines comme barycentre (on a une prof de math, faut bien en profiter non ?). Certains d'entre nous étions déjà venus à Molines en 2005 et d'autres étaient venus à St-Véran il y a 6 ou 8 ans.

Six d'entre nous ont été hébergés à Molines dans un gîte tenu par de sympathiques et accueillants soixante-huitards (Brigitte, Nadia, Guilaine, Bruno, Christian et le secrétaire de séance). Mais nous avions un renfort de choix hébergé dans un chalet de Pierre-Grosse à Molines (Sylvie L, Sylvie G, Dominique).

Météo France, selon une saine habitude, s'est amusé à nous distiller des prévisions qui allaient sans cesse en s'améliorant. La meilleure amélioration était dans la vraie vie, puisque les rares averses du samedi se sont tenu à l'écart et les pluies éparses de dimanche ont attendu notre départ. Seul avantage de ces prévisions évolutives, faut amener des tenues tous temps dont certaines resteront dans nos sacs (pliées ou en boule, c'est selon). Et je ne dis rien des équipements neige que j'avais suggérés de ne prendre que s'il ne fallait pas les acheter ou les louer. J'avais aussi suggéré de prendre raquettes et bâtons, mais aussi lunettes de soleil et crème solaire et la suite vous dira si on a bien fait.

Le programme intégrait des réjouissances sur les trajets aller comme retour et intégrait même des optimisations opérées en direct au vu des évolutions et des opportunités imprévues. Bien dit, non ?

Trajet aller via le lac de Serre-Ponçon, l'abbaye de Boscodon, Guillestre et Château-Queyras. Au passage, rapide arrêt au lac de Serre-Ponçon dont la retenue est plus basse qu'à l'accoutumée (d'environ 8 m en se référant aux statistiques). La chapelle de St-Michel n'est donc pas sur une île. Mais ça c'est habituel à cette époque.

Nous pique-niquons (à 5) aux abords de l'abbaye de Boscodon. C'est une belle abbaye romane du XIIe. Elle a été construite avec des matériaux disponibles sur place, les pierres de cargneule et le bois de mélèze. La cargneule est le résultat de la dissolution d'une roche calcaire ou dolomitique par des eaux sulfatées. La calcite se recristallise dans les fissures de la roche, qui se trouve en fait nervurée et renforcée par ces évolutions chimiques. Le résultat est une belle pierre jaune ou rouge, d'aspect rustique et facile à tailler. Cette pierre fait pour moi le charme de cette abbaye que nous visitons bien évidemment.

Ensuite nous nous arrêtons au centre ville de Guillestre, belle ville moyen-âgeuse où les rues ont des noms charmants : rue des Dames, rue Joli Coeur, rue Casse-cul... Au grand plaisir de Bruno, nous repérons la maison où Napoléon a dormi (ou plus exactement, où il aurait sûrement dormi s'il était passé par Guillestre, car en fait il a coupé par le col Bayard). Impossible de ne pas faire halte à Fort-Queyras, château renforcé par Vauban. En partant, nous photographions la lune, avec le concours d'objectifs puissants, 400 mm, 600 mm.

Et nous voici à Molines où nous investissons notre gîte avant de visiter nuitamment le vieux Molines. Ce qui nous vaut de beaux éclairages des crêtes enneigées par le soleil couchant (à l'heure dorée) puis nous visitons la superbe église de St-Romain pendant l'heure bleue. Si le ciel est très bleu, les murs sont éclairés artificiellement en orange, ce que des photographes s'empressent de capter et magnifier. Notons la présence de deux cadrans lunaires à l'église bien éclairés par les lampes orange. On est resté longtemps, mais l'heure n'a pas changé. Doivent être en panne.

Nous nous retrouvons tous les neuf pour un repas en commun dans notre gîte. Apéro maison, soupe aux orties et autres plats locaux. Selon une tradition soixante-huitarde, nous donnons tous un coup de main pour mettre la table puis préparer celle du petit déjeuner.

Rando raquettes le samedi . En hors d'oeuvre, je me suis levé de bonheur pour voir et photographier le lever du soleil sur les montagnes. Toujours agréable et je n'étais pas très nombreux pour jouir de ce beau spectacle.

Attention, attention, Sylvie L prend les choses en main. Et nous voici dans une visite du très beau hameau de Pierre-Grosse et de ses belles fustes en mélèze (pour aérer le foin et la paille). On voit au loin les premières marmottes, sans doute réveillées par l'office du tourisme pour faire passer le temps au touriste. Et surtout, on admire un beau contingent de cadrans solaires aux devises plus édifiantes les unes que les autres. Par exemple "tes heures sont comptées", des fois qu'on aurait oublié ! "Tant que tu vis, vis", c'est justement notre devise à Arc-Images. "En avoir trop tue le plaisir d'en avoir assez", bien dit, à méditer pour certains ... (censuré). Et Sylvie de nous faire découvrir une spécialité de Pierre-Grosse, le pique-nique arrangé. Vous prenez un pique-nique tout bête tiré du sac, mais vous ajoutez un apéro, du vin à volonté (mais attention, pas trop, ça tuerait le plaisir) ; vous ajoutez encore du café et vous ne vous refusez pas un pousse café. Le tout avec vue sur la piste de ski et la chaîne de montagne. Y a pire, non ? 

Sylvie L nous emmène ensuite pour une rando facile en remontant le torrent de l'Aigue-Agnelle. J'ai été enchanté que tout le monde s'y mette sans rechigner une seconde, les débutants comme les autres. Au retour, avec Guilaine et Bruno, nous continuons sur la route du col Agnel pour visiter les hameaux du Coin et de Fontgillarde.  

 Un mot sur le nom de Pierre-Grosse. Il y aurait des grosses pierres par là ? Et oui, mais d'où viennent-elles ? Difficile de penser à des éboulis vu le relief au-dessus. Et de plus le géologue ajoute que la nature de ces blocs n'a rien à voir avec celle des terrains en place. Ce sont en fait des blocs erratiques de plusieurs m3 transportés par les glaciers. Ceux de Molines et St-Véran viennent de l'Est, c'est à dire d'Italie. Et nos amis Italiens n'ont pas l'air pressés de les récupérer.

Visite de St-Véran le dimanche . En hors d'oeuvre, j'ai cette fois trouvé deux autres courageux, Guilaine et Bruno pour partir de bonheur afin de voir et photographier les glaçons dans le torrent de l'Aigue-Blanche qui vient de St-Véran.  Mais mauvaise surprise, la nuit a été trop chaude et il n'y a presque pas de glaçons. Qui ne tente rien n'a rien et il nous reste une belle ballade dans la neige et la glace. Progression prudente pour ne pas visiter l'hôpital d'Abriès. Et le sentiment d'avoir bien mérité le copieux petit-déjeuner qui hâte notre retour.

Après le petit déj, nous quittons nos hôtes charmants, non sans les délester de quelques pots de miel de montagne. Et cinq d'entre nous vont arpenter Saint-Véran, plus haut village du Monde. Ah rectification, un pinailleur me dit que c'est le plus haut village d'Europe. Tant pis, nous y allons quand même. On se gave de belles fontaines, de beaux balcons en bois sculptés, d'une autre colonie de cadrans solaires. Concours d'optimisme dans les devises "pour un si court instant, tout nous est prêté", "toutes (les heures) blessent, la dernière tue". 

 Nous investissons un café restaurant avec un balcon qui offre une vue à couper au couteau et nous on est dans la tourmente, nom d'une bière made in Briançon (la plus haute ville du monde). On refuse de se laisser déloger de ce balcon et on garde une table pour le repas.    

Retour via Mont-Dauphin et Embrun .   Nous commençons par gagner Mont-Dauphin, à cinq dans l'espoir de voir des marmottes. Aucun sifflement à l'horizon. La marmotte des Ecrins est plus fainéante que celle du Queyras. Mais nous contemplons le poudingue sur lequel on a édifié la cité qui domine la confluence Durance Guil. Ainsi d'ailleurs que celle d'Embrun qui ne domine que la Durance, forcément. Entre nous, ce poudingue ne vaut pas celui de La Ciotat beaucoup plus iodé. Moi qui ait arpenté les Alpes dans tous les sens, je découvre pour la première fois la place-forte de Mont-Dauphin due à Vauban sur ordre de Louis XIV. Au centre du bourg, protégé par une première ceinture de remparts, et dominé par une seconde ceinture de sommets, on se laisse envahir par un sentiment de quiétude.    

Deux d'entre nous ont décidé de rentrer en affrontant les bouchons du dimanche soir. Les trois autres ont opté pour faire sauter des bouchons à Embrun au pied du Grand-Morgon qui se mire dans le lac. Ce resto au nom improbable de "le goût des autres" fût une excellente surprise. Au total, temps et ambiance du groupe étaient à l'unisson. Les appareils photo ont bien chauffé. Et voilà, c'est fini.  Non pas tout à fait.   

Projection le 10 avril. Une séance de projection a réuni cinq des neuf héros queyrassains, renforcés par quatre amoureux du Queyras (les Rebuf, les Marchese). Ce fut l'occasion de voir nos meilleures photos, de les commenter techniquement, de comparer les diverses approches d'un même sujet. Et de revivre de bons moments. Et devinez comment se termine l'affaire ?

Gérard Menfin, Gérard degoutte,

 

 

 

 

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